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Photos de jeunes femmes http://www-utenti.dsc.unibo.it/~abba/ig/ |
Dans le domaine de la mode, les années soixante marquent un tournant : le boom économique et l'expansion de la culture américaine, la libération des moeurs, la contestation, bouleversent les normes en cours. S'ajoutent à cela l'avènement des techniques modernes et le rétrécissement de l'espace qui réduisent les frontières et mettent le monde entier à portée de main. Après la décennie de pénurie qui marque l'après guerre, la France est entrée dans la période des « trente glorieuses », le pouvoir d'achat s'est accru. La mode n'est plus réservée à une élite sociale mais imposée à une nouvelle génération, qui n'a pas connu les privations de la guerre. Une société de consommation s'est mise en place. Le monde rural recule au bénéfice de l'urbanisation, le paysage immobilier se transforme avec l'apparition de cubes de béton et de grands ensembles. Les appartements modernes entraînent l'arrivée de plus de bien-être auxquels la population s'habitue vite. |
Dessin de femme avec une mini-jupe retouchée par ordinateur. |
Le temps est venu où une multiplicité d'acteurs nouveaux entrent : les « jeunes », dont le poids au sein de la société ne cesse de grandir jusqu'à devenir une réalité sociale et culturelle. Ceux que l'on dénomment les « teenagers » achètent les derniers produits de consommation en vogue : le transistor et l'électrophone sur lesquels ils écoutent les chansons de leurs idoles. Pour la première fois, en raison du phénomène du baby boom, la jeunesse forme une classe d'âge déterminée, avec ses codes et sa culture propres. Donnant le ton, les 16-25 ans composent un univers qui accède simultanément à l'enseignement et à la consommation. La scolarité prolongée offre la possibilité de se retrouver entre soi et donne accès à un certain savoir qui n'est plus seulement à la portée des familles aisées. Cette jeunesse récolte les fruits de la croissance et dispose d'un budget à elle (argent de poche ou salaire) qu'elle souhaite dépenser à sa guise. Compte tenu de sa semi-indépendance financière, elle n'hésite plus à réserver une partie de cette somme à ses vêtements et le rôle de la mère, responsable traditionnelle de la garde-robe familiale, tend à s'estomper. Par ailleurs, les jeunes sont nombreux à réclamer une tenue mieux adaptée à leur genre de vie. Sans en avoir conscience, au moins au début, ils pèsent dans le domaine de l'apparence et imposent leurs idées. Ceux qui partagent une même façon de vivre veulent pouvoir se reconnaître, et s'identifier grâce à des symboles communs. Ils vont se mettre à « consommer de la mode », tout en la produisant. Cette génération a une exigence primordiale : ne plus faire partie du monde codifié et strict régi par les adultes. Les médias et la publicité font désormais partie intégrante de leur décor quotidien. Des lieux spécifiques occupent le devant de la scène : l'Angleterre, référence culturelle majeure ; la rue, avec son public caractéristique et ses boutiques. Des mots nouveaux, « prêt-à-porter », « stylistes », « fibres textiles » (polyamide, polyester), rejoignent le vocabulaire de l'apparence et s'y amalgament. La presse, les magazines féminins, la radio, les disques, la télévision dont la démocratisation s'accélère, veulent imposer une mode devenue l'expression d'un choix de vie et dont le mot d'ordre est : « soyons résolument jeunes et libres ! » |
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